Association Marseillaise d'AStronomie

Le ciel du mois

Juin 2017



Source IMCCE
http://www2.saf-lastronomie.com/saf/accueil.html.
http://www2.iap.fr/saf/cielproc.htm
http://www.lacosmo.com/lecieldumois/lecieldumois.html

Visibilité des planètes

Toutes les heures sont en heure TU. Rajouter 1 h en hiver, 2 en été pour la France.

    Il est juste de commencer par l’astre le plus brillant du ciel : VÉNUS. Si vous êtes amenés à vous lever tôt, ne manquez pas de tourner les yeux vers l’est pour y contempler notre magnifique Étoile du matin. Avec sa magnitude de -4 elle brave fièrement les lueurs de l’aube et sa vision nous redonne la dose de vitalité pour attaquer la journée. On peut la voir une heure et demie avant le lever du Soleil, ce qui nous met vers 4h30 à Montpellier. Cependant, bien qu’elle soit au plus loin du Soleil le 3, à son

    L’autre planète d’éclat intense est JUPITER. Elle attire immanquablement notre regard au-dessus de l’horizon sud-ouest après avoir franchi le méridien au coucher du Soleil. La planète est encore remarquablement placée et mérite qu’on l’observe tant qu’elle se présente dans de bonnes conditions. Je ne saurais trop redire l’émerveillement de découvrir et redécouvrir le disque de la planète entouré des quatre diamants que sont ses satellites. On a sous les yeux un véritable monde miniature avec un disque central autour duquel tournent les quatre lunes. Le spectacle est constamment renouvelé avec une répartition toujours différente des satellites, créant la surprise à chaque vision.

    Ces derniers mois nous avons noté que Jupiter était accompagné d’une belle étoile bleue-blanche sur sa gauche, SPICA, l’étoile principale de la Vierge. Nous avons pu remarquer que la distance apparente entre ces deux astres a augmenté puisqu’en février nous parlions d’un duo Jupiter-Spica, alors que le couple s’est bien détaché depuis. Mais la course apparente de la planète va changer de direction de sorte que Jupiter va à nouveau se rapprocher de Spica. Repérez les deux astres et surveillez-les dans les semaines et mois à venir.

    Un autre trésor du ciel nous donne rendez-vous ce mois-ci et mérite, à l’instar de Jupiter, que vous cherchiez autour de vous un instrument astronomique pour l’observer. Il s’agit de SATURNE, la fameuse planète aux anneaux. Ici il est nécessaire de disposer d’un grossissement d’une trentaine de fois pour voir ces anneaux et seul un instrument assez puissant pourra vous fournir des détails. Saturne se lève au sud-est et se situe à gauche de la constellation facilement reconnaissable du Scorpion. Elle franchit le méridien quelques heures plus tard à seulement 25 degrés de hauteur et reste malheureusement confinée dans les régions basses de l’atmosphère, là où la turbulence est plus forte. Malgré ces conditions peu favorables, sachez que ce mois reste la meilleure période d’observation de l’année pour la raison qui suit.

    Ce mois-ci SATURNE passe à l’OPPOSITION, ce qui signifie que les trois astres Soleil, Terre et Saturne vont se trouver alignés, la Terre étant située entre les deux autres et Saturne se voyant à l’opposé du Soleil (l’opposition se produit le jeudi 15). De ce fait Saturne est visible toute la nuit, se levant quand le Soleil se couche et se couchant quand le Soleil se lève. Pour comprendre le phénomène de l’opposition on peut imaginer les planètes comme des bolides lancées sur des pistes célestes grossièrement circulaires centrées sur le Soleil. En ce moment la Terre, qui tourne sur une piste de 150 millions de kilomètres de rayon, est en train de rattraper à la corde Saturne, tournant pour sa part sur une piste extérieure à une distance du Soleil dix fois plus grande égale à 1,50 milliards de kilomètres. On réalise sur un schéma qu’au moment de l’opposition la distance de Saturne à la Terre est minimale. Elle sera le 15 juin de 1,35 milliards de kilomètres, soit 75 minutes de lumière, le temps que la lumière et les signaux radio mettent pour nous parvenir de Saturne. Quand vous pointerez Saturne, ce que je vous souhaite, vous la verrez telle qu’elle était 1 heure et 15 minutes plus tôt. En astronomie vous ne voyez jamais le ciel tel qu’il est mais le percevez tel qu’il était, le retard dépendant de la distance de l’objet visé et se comptant en années ou centaines de milliers d’années pour les étoiles jusqu’aux millions et milliards d’années pour les galaxies.

    Que Saturne soit à l’opposé du Soleil signifie qu’elle est en position de Pleine Lune. Nous le constaterons le VENDREDI 9 JUIN quand la planète aux anneaux se lèvera justement à côté de la Pleine Lune. Elles traverseront le ciel ensemble et se retrouveront à leur coucher au sud-ouest, dans la direction opposée au Soleil levant.

    La Lune

    Le matin des MARDI 20 ET MERCREDI 21 c’est

    Enfin ne manquez pas la belle conjonction entre la Lune et Jupiter dans la NUIT DU SAMEDI 3 AU DIMANCHE 4. On peut suivre le couple toute la nuit et voir les deux astres se rapprocher l’un de l’autre. La proximité maximale est atteinte avant leur coucher, au-dessus de l’horizon ouest-sud-ouest. La scène se passe dans la constellation de la Vierge, Spica brillant sur la gauche du duo. Au-dessus brille fortement ARCTURUS, l’étoile la plus lumineuse de l’hémisphère céleste Nord. C’est l’étoile principale de la constellation du BOUVIER qui se dresse comme un immense cerf-volant (certains préfèrent y voir un parachute, Arcturus représentant alors le parachutiste). À la gauche du sommet on remarque le dessin de la COURONNE BORÉALE, un bel astérisme d’étoiles assez brillantes formant un demi-cercle régulier.

    Vendredi 9 : Pleine Lune à 15h10, dite des fraises, au plus petit diamètre apparent de l’année

    Du lundi 19 au jeudi 22 : le croissant lunaire du matin

    Mardi 20 et mercredi 21 : à l’aube sur l’horizon est le croissant de Lune rend visite à Vénus

    Au fil du mois

    MERCREDI 21 JUIN marque la date du SOLSTICE DE JUIN. C’est le début de l’été dans l’hémisphère Nord, le jour où le Soleil est le plus haut dans le ciel et celui où le Soleil se lève le plus au nord du côté est. Le mot solstice vient du latin sol (le soleil) et stare (s’arrêter). Il indique que la position du Soleil est stationnaire, annonçant que le mouvement va s’inverser. Le Soleil va voir sa hauteur diminuer, il va se lever de plus en plus vers le sud et, bonne nouvelle pour les fervents des étoiles, les nuits vont rallonger. Toutes ces circonstances viennent du fait qu’au solstice de juin l’extrémité nord de l’axe de la toupie terrestre est inclinée au maximum vers le Soleil, faisant avec le plan de l’écliptique ce fameux angle de 23 degrés à l’origine de l’existence des saisons.

    L’été arrivant il est indiqué de saluer le fameux Triangle d’été, la figure emblématique de la saison. Il est formé de VÉGA (de la Lyre), DENEB (du Cygne) et ALTAÏR (de l’Aigle), que vous pouvez apprendre à repérer. Véga est la plus brillante et la plus haute, la première des trois à se lever au nord-est. Elle est accompagnée du petit losange caractéristique de la Lyre, lequel permet de la reconnaître sans ambiguïté. Si vous pointez l’étoile avec des jumelles, vous découvrirez à ses côtés une jolie curiosité, l’étoile double Epsilon. Si vous jouissez d’une bonne vue et d’un ciel bien noir il vous est même possible de distinguer la paire à l’œil nu. Deneb se lève ensuite plus bas à gauche de Véga et marque le sommet de l’immense croix sur laquelle les astronomes d’antan ont dessiné un cygne en plein vol. (Les deux figures sont d’ailleurs inversées haut-bas, la tête du cygne représentant le pied de la croix en la personne de la magnifique étoile double Albiréo.) Enfin à droite Altaïr ferme le Triangle d'été. C’est l’étoile principale de la constellation de l'Aigle, laquelle dessine un V caractéristique (à ne pas confondre avec le V du Taureau, ni Altaïr avec Aldébaran). En contemplant ces trois étoiles brillantes, il est intéressant de savoir pourquoi elles sont si lumineuses. Pour Véga et Altaïr la raison principale est leur relative proximité, les astres étant situés respectivement à 25 et 17 années de lumière, une bagatelle à l’échelle du monde des étoiles. Mais l’explication ne vaut pas pour Deneb, qui est une centaine de fois plus lointaine, à deux ou trois mille années de lumière. Si Deneb est si brillante à nos yeux c’est qu’elle est intrinsèquement plus brillante que Véga. Elle appartient à la classe des "supergéantes" qui émettent une quantité d’énergie dix mille fois plus grande que celle des étoiles "moyennes".

    Nuit du samedi 3 au dimanche 4 : belle conjonction entre la Lune et Jupiter

    Lundi 5 : Io et Europe passent devant le disque de Jupiter ; puis y projettent leur ombre (plus difficile)

    Mercredi 7 : une paire Europe-Ganymède très serrée à l’est de Jupiter

    Jeudi 22 : les quatre satellites galiléens Io, Europe, Ganymède et Callisto alignés dans leur ordre naturel

    Mardi 27 : Régulus du Lion brille le soir à côté du croissant lunaire sur l’horizon ouest-nord-ouest