Association Marseillaise d'AStronomie

Le ciel du mois

Février 2018



Source IMCCE
http://www2.saf-lastronomie.com/saf/accueil.html.
http://www2.iap.fr/saf/cielproc.htm
http://www.lacosmo.com/lecieldumois/lecieldumois.html

Visibilité des planètes

Toutes les heures sont en heure TU. Rajouter 1 h en hiver, 2 en été pour la France.

    Il y avait deux pleines lunes en janvier et du coup il n’y en a aucune en ce mois de FÉVRIER 2018. Mais planètes et étoiles nous attendent.
    La première planète à surveiller est MARS, qui nous prépare une prestation magistrale dans les mois à venir avec un passage au plus près de la Terre (tout de même à une petite soixantaine de millions de kilomètres) fin juillet 2018 qui lui permettra d’atteindre un éclat surpassant celui de la planète JUPITER. Actuellement à plus de 200 millions de kilomètres l’une de l’autre, Mars rattrape peu à peu la Terre à la corde dans sa course autour du Soleil en se rapprochant d’elle de plus d’un million de kilomètres par jour. Où trouver Mars ? Elle se lève en deuxième partie de nuit, environ quatre heures avant l’arrivée du Soleil, et vous la trouverez facilement sur l’horizon sud-sud-est en vous aidant de JUPITER, laquelle se repère sans ambiguïté grâce à son éclat puissant. Mars est le point orangé situé à quelques degrés sous la planète jovienne, légèrement sur la gauche.
    Le JEUDI 1er FÉVRIER vous la trouverez à côté de l’étoile Graffias du Scorpion qui marque l’une des pinces de l’arachnide, un joli rapprochement à admirer aux jumelles.

    Le Scorpion est exceptionnellement une constellation dont le dessin rappelle bien la silhouette de l’animal que son nom désigne. On imagine les pinces sortir du thorax repéré par l’étoile ANTARÈS, la plus brillante de la constellation, dont la couleur rougeâtre et la luminosité comparables à celles de Mars lui ont valu le nom de

    Le jeu du mois sera de suivre le déplacement de Mars par rapport aux étoiles du Scorpion et notamment son rapprochement progressif avec Antarès.

    C’est l’occasion de rappeler que le mot "planète", vient du grec "planêtês" (qui erre) et signifie que l’astre vagabonde par rapport aux étoiles "fixes". Le LUNDI 12 FÉVRIER Mars et Antarès, situées à 5° d'écart, auront exactement le même éclat avec une magnitude commune de 1,06. Nous avons là l’opportunité de faire la comparaison entre le comportement d’une étoile et celui d’une planète vis-à-vis de la turbulence. Normalement (!) l’étoile Antarès devrait scintiller plus vivement que la planète Mars. L’explication, pas si évidente, vient du fait qu’une étoile, bien que de surface réelle gigantesque, est ponctuelle pour l’œil à cause de l’importance de sa distance alors que le disque de la planète, bien que minuscule pour l’œil, a tout de même une certaine largeur relativement aux caractéristiques de l’optique humaine. Cette largeur apparente induit un effet de moyenne gommant partiellement les fluctuations des rayons lumineux produisant le scintillement. On peut dire que notre œil perçoit (mais seulement de cette façon indirecte) la taille d’un disque planétaire alors que la surface d’une étoile reste rigoureusement ponctuelle à la vision humaine.

    La Lune

    Comme chaque mois la Lune fait son tour complet du ciel en rendant visite aux astres situés sur l’écliptique.
    Du MERCREDI 7 AU VENDREDI 9 FÉVRIER à l’aube la prestation lunaire se déroule au-dessus du Scorpion au-dessus de l’horizon sud-sud-est.
    La Lune d’abord en dernier quartier puis en croissant passe d’un côté à l’autre de Jupiter puis s’aligne avec Mars et Antarès.
    Comme signalé plus haut le croissant de la vieille Lune retrouvera Saturne les 11 et 12.
    Le VENDREDI 16 un mincissime croissant de la toute jeune Lune âgée de seulement 21 heures nous soumet au défi de l’apercevoir sur l’horizon ouest-sud-ouest une petite demi-heure après le coucher du Soleil. Si ce défi est difficile à relever, car la portion illuminée de notre satellite ne représente que 0,7% de sa surface, et demande impérativement d’utiliser des jumelles, un élément peut nous aider à réussir : la présence de la planète Vénus qui, quoique placée au ras de l’horizon, est plus facilement repérable grâce à son vif éclat (magnitude -4). Une fois Vénus trouvée, le croissant se trouve non loin, plus bas sur sa gauche.
    Enfin le VENDREDI 23 voyez le globe lunaire à son premier quartier aborder la riche région du Taureau et passer près des Hyades en produisant une occultation, visible en certaines régions du monde, de la brillante étoile Aldébaran (à ne pas confondre avec Antarès, toutes les deux de belle couleur rouge).
    Enfin le mois de février se termine en beauté avec une conjonction exceptionnellement serrée entre la Lune et Régulus du Lion, les deux astres passant la nuit du mercredi 28 février au jeudi 1er mars côte à côte.
    Le lendemain vendredi 2 mars la Lune sera pleine à 0h51 TU.

    Au fil du mois

    Nous venons de citer l’étoile RÉGULUS. Elle apparaît de plus en plus tôt chaque soir à l’est et passe même au méridien à minuit (en temps universel) le jeudi 22. Elle hisse avec elle la constellation du Lion dont le dessin est remarquable en ce qu’il représente assez clairement l’animal dont elle porte le nom (une propriété commune avec le Scorpion donc). Regardez : Régulus est le pied d’un grand point d’interrogation inversé gauche-droite qui dessine la crinière de l'animal et sur sa gauche des étoiles assez brillantes en forment le corps, avec Denebola marquant la queue du félin. Ceux qui rêvent de printemps ont avec Régulus la preuve que la saison du renouveau se prépare. En effet on peut dire à juste titre que cette étoile et la constellation qu’elle entraîne avec elle font le lien avec le ciel du printemps. La confirmation vient quelques heures plus tard avec le lever d’ARCTURUS, de la constellation du BOUVIER, que j’ai l’habitude de qualifier d’étoile la plus facile à identifier dans le ciel car elle se trouve pile dans le prolongement de la queue de la Casserole de la Grande Ourse, que vous trouverez au nord-est. Et Arcturus est bien cette étoile qui conduit le cortège des étoiles d’été. Ce qui ne nous empêche pas de profiter encore et encore des somptueuses constellations d’hiver autour de la fière Orion. Pour finir n’oubliez pas non plus les passages toujours impressionnants de majesté de la Station spatiale internationale. Il s’en produit le soir au-dessus de la France dans la première quinzaine de février. Vous devez consulter les horaires et choisir les passages les plus brillants sur le site